|
Jamais un gouvernement depuis l'élection de 74 n'aura
accordé une telle importance aux acteurs non politiques
dans sa représentation. C'est évidemment le résultat
d'une campagne qui a révélé la demande de compréhension
et de renouvellement de la société française de la part
de ses représentants élus. C'est surtout la volonté
de coller à une mutation sociologique fondamentale :
les vibrations humaines de nos contemporains passent
désormais autant, si ce n'est plus, par les organisations
spontanées, les associations de la vie quotidienne et
les prises de parole protestataires que par les élus
du peuple.
Le danger est évidemment d'appauvrir la démocratie
représentative, en jouant avec le feu du spontanéisme,
de la médiatisation et du détournement de légitimité
ou de représentativité… La caricature de ce court-circuitage
fut le soi-disant débat public sur le 3° aéroport ;
heureusement qu'il y a eu l'élection pour retrouver
une méthode d'avancement…
La démonstration et le challenge essentiel que tente
le gouvernement RAFFARIN et sa majorité avec lui est
la réinsertion de " la France qui bat, qui bouge et
trépigne " dans " la France qui décide ". Ne plus s'opposer,
ne plus s'ignorer mais se féconder !
La démocratie d'opinion a sa place, en amont des décisions,
dans les discussions institutionnelles et plus seulement
dans la rue, pensent les français qui veulent se sentir
" au milieu " et non pas aux marges. C'est une nouvelle
méthode politique, une autre gouvernance à pratiquer.
Les nouveaux députés sont les premiers à y être confrontés
et à devoir y répondre.
Pour que l'hémicycle ne soit pas une hémisphère du
pays mais bien son centre.
|